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L'internationale
L'Internationale est le plus célèbre des chants révolutionnaires. En juin 1871, en prison, où l'avait jeté l'échec de la Commune de Paris, Eugène Pottier écrivit un poème intitulé l'Internationale. Pottier, chansonnier et ouvrier, proudhonien de tempérament, avait été membre du Conseil de la Commune. Loin de se laisser aller à un désespoir de vaincu, Pottier, persuadé qu'on ne peut enterrer l'avenir lance l'appel qui va bouleverser le Monde : Debout les damnés de la terre ! Son poème, publié en 1887 dans un recueil intitulé Chants révolutionnaires, était dédié à Gustave Lefrançais, membre de la Commune. Un an plus tard, la section lilloise du parti ouvrier français demanda à l'ouvrier modeleur sur bois Pierre Degeyter de mettre en musique un poème de Pottier. En effet, dans le nord de la France, les chansons avaient une grande importance pour les militants socialistes. Mais il fallut attendre plus de dix ans pour que l'Internationale fût chantée hors des milieux guesdistes. |
mélodie version classique (mp3, 3.8 mo) version rock (mp3, 7.5 mo) Debout ! les damnés de la terre Debout ! les forçats de la faim La raison tonne en son cratère : Cest léruption de la fin Du passé faisons table rase Foule esclave, debout ! debout ! Le monde va changer de base : Nous ne sommes rien, soyons tout ! Refrain Cest la lutte finale Groupons nous et demain LInternationale Sera le genre humain. Il nest pas de sauveurs suprêmes : Ni dieu, ni césar, ni tribun, Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes ! Décrétons le salut commun ! Pour que le voleur rende gorge, Pour tirer lesprit du cachot Soufflons nous-mêmes notre forge, Battons le fer quand il est chaud ! LEtat opprime et la loi triche ; LImpôt saigne le malheureux ; Nul devoir ne simpose au riche ; Le droit du pauvre est un mot creux. Cest assez languir en tutelle, Légalité veut dautres lois ; « Pas de droits sans devoirs, dit-elle, « Egaux, pas de devoirs sans droits ! » Hideux dans leur apothéose, Les rois de la mine et du rail Ont-ils jamais fait autre chose Que dévaliser le travail ? Dans les coffres-forts de la bande Ce quil a créé sest fondu. En décrétant quon le lui rende Le peuple ne veut que son dû. Les Rois nous saoulaient de fumées. Paix entre nous, guerre aux tyrans ! Appliquons la grève aux armées, Crosse en lair et rompons les rangs ! Sils sobstinent, ces cannibales, A faire de nous des héros, Ils sauront bientôt que nos balles Sont pour nos propres généraux. Ouvriers, Paysans, nous sommes Le grand parti des travailleurs ; La terre nappartient quaux hommes, L'oisif ira loger ailleurs. Combien de nos chairs se repaissent ! Mais si les corbeaux, les vautours, Un de ces matins disparaissent, Le soleil brillera toujours ! |