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Election complémentaire au Conseil administratif de la Ville de Genève du 4 novembre 2012

Communiqué du Parti du Travail et des Communistes

lundi 5 novembre 2012, par les communistes

Le Parti du Travail et les Communistes saluent le résultat de près de 20%, bon étant données les circonstances, de notre camarade Salika Wenger à l’élection complémentaire au Conseil administratif de la Ville de Genève. Nous regrettons bien sûr que notre candidate n’ait pas été élue. En outre, notre but était, plus que l’élection, une relance du Parti du Travail et des Communistes par une présence active. Si nous avions décidé de présenter Salika Wenger à cette élection, c’était avant tout pour des raisons de principe : il était pour nous inconcevable de laisser le champ libre à la droite, incarnation politique d’une minorité de privilégiés, mais aussi de céder face aux appels de certains de nos "alliés" de ne présenter personne afin de ne pas ouvrir la porte à un gouvernement "monocolore".

Nous rejetons cette méprisable logique politicienne de marchandage qu’est l’idéologie de la concordance et tenons à affirmer qu’en démocratie les sièges n’appartiennent qu’à ceux à qui le peuple décide de les attribuer, et non aux partis gouvernementaux qui pourraient se les partager entre eux. Quant à nous, il ne saurait pas être question de cogérer l’ordre capitaliste avec la droite, car notre projet politique de construction d’une société nouvelle et plus juste est aux antipodes de celui de la défense de privilèges aussi indus qu’exorbitants qui est celui des partis bourgeois. C’est pourquoi nous nous devions d’être présents dans cette campagne pour y faire entendre un autre discours que celui de l’Entente et de l’extrême-droite, un discours de lutte en faveur des aspirations légitimes des classes populaires et du progrès social et démocratique. À travers la campagne dans les médias et dans la rue que nous avons faite cet objectif a été atteint.

Bien que le taux de participation minime de moins de 26% relativise les résultats obtenus, Guillaume Barazzone, l’homme de la FER et des appareils du PDC et du PLR, qui a abondament dépensé plusieurs centaines de milliers de francs pour sa campagne et pour qui 100’000 francs ne sont qu’un détail sans importance, a tout de même été élu par près de 45% des votants, bien au dessus du score combiné des partis de l’Entente. Ce résultat montre une hégémonie inquiétante de la droite patronale dans ce canton, ce d’autant qu’Eric Bertinat, candidat de l’extrême-droite arrive à faire un score légèrement supérieur à celui de Salika Wenger, et que Didier Bonny vient lui aussi de la droite. Cette hégémonie politique de la droite est des plus inquiétantes, et malheureusement nous n’avons pas réussi à la contrebalancer, ni à motiver les classes populaires à se rendre aux urnes pour défendre leurs intérêts.

Cette victoire du candidat de l’Entente n’aurait jamais été possible sans la décision du Parti socialiste, des Verts, de solidaritéS et du DAL de ne pas soutenir la candidature de Salika Wenger, sous prétexte qu’il faudrait laisser à l’Entente le cinquième siège au Conseil administratif, auquel elle aurait apparemment le droit, afin de ne pas avoir un gouvernement « monocolore ». Salika Wenger a donc dû faire campagne avec uniquement le soutien du Parti du Travail, des Communistes, de la Jeunesse socialiste et de certains membres du PS et des Verts à titre individuel.

Ce choix, et le discours qui le justifie, une trahison de plus de la part de la gauche réformiste après son récent soutien à la réactionnaire nouvelle Constitution genevoise, montre que ces partis inscrivent leur action dans le cadre étroit du paradigme bourgeois de la concordance, de la collaboration avec l’ennemi de classe, avec pour projet politique le seul qui est possible dans une telle configuration : la cogestion loyale du capitalisme main dans la main avec la bourgeoisie. SolidaritéS et le DAL ont prouvé par là que, aussi à gauche que soit leur discours officiel, eux aussi quand au fond n’ont d’autre ambition que de prendre leur juste place dans les institutions bourgeoises pour gouverner main dans la main avec la droite.

Cette élection a constitué une rupture salutaire entre une gauche de collaboration de classe et une gauche de lutte, à vocation révolutionnaire, que représentent le Parti du Travail et les Communistes. En ce sens, le score de près de 20% de Salika Wenger est une victoire, une preuve qu’il existe une base sociale et électorale pour une telle gauche qui lutte réellement pour les intérêts et les aspirations légitimes des classes populaires.

Parti du travail Parti communiste genevois - les communistes

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