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Les morts

mercredi 2 mai 2012

Constatons très brièvement que l’on fait dire aux morts ce qu’ils ont dit et ce qu’ils n’ont pas dit. Que la mort est l’occasion des délires les plus singuliers. Le mort devient l’ôtage de replis religieux, identitaires, géographiques, d’appropriation politique, historique, d’une lithurgie littéraire, d’effusions sentimentales, de souvenirs plus ou moins réels. Si les morts font l’objet de commémorations, cela est bien normal. Cela s’appelle devoir de mémoire ; mais au-delà de cette mémoire, nous devons plus aux morts. Nous rappeler comment et pourquoi ils ont vécu... Comment et pourquoi ils sont morts. Faire une autopsie qui ne s’arrête pas seulement à la mémoire, mais bel et bien ce qui a fait d’eux des vivants.

S’il y a un moment, une éternité ou’ les êtres peuvent aspirer à l’égalité, à la paix, c’est bel et bien lorsqu’ils sont arrivés en fin de vie. Ici, l’être atteint à l’universel. C’est pourquoi toutes ces commémorations religieuses, identitaires ou’ l’on trie cimetières musulmans, cimetières juifs, cimetières chrétiens et autres, m’irritent. Nous devons plus qu’un respect identitaire à l’homme ; un respect éternellement universel, qui va au-delà des frontières, des langues, des camps et partis. Comprendre le vécu, comprendre leur chute, c’est commencer à solutionner les problèmes, les trébuchements, les monstruosités de l’histoire, les solipsismes destructeurs ; c’est se mettre à l’oeuvre pour que tout cela ne recommence pas. Marx disait que l’histoire se répétait. La première fois, c’est un drame, la seconde c’est une farce et parfois la farce est encore plus dramatique. Tous ces replis identitaires, religieux, sectaires, ne comprennent pas le dernier souffle de l’homme qui part, le dernier cri qui aspire à la paix éternelle et universelle...

Spara

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